L’abbaye cistercienne de Notre-Dame de l’Épau fut fondée à l’initiative de Bérengère de Navarre (v. 1165-1230), fille de Sanche VI de Navarre et reine consort d’Angleterre par son mariage avec Richard Cœur de Lion (1157-1199). Devenue veuve, elle se retira à Le Mans, au château comtal du Maine, alors propriété de la maison royale. C’est depuis ce lieu qu’elle favorisa la création du monastère, fondé en 1229. Les premiers moines arrivèrent l’année suivante depuis l’abbaye de Cîteaux (Côte d'Or).
La fondatrice donna aux cisterciens des terres à l’Épau, près du Mans. Bérengère mourut en 1230 et fut inhumée en 1234 dans la salle capitulaire de l’abbaye qu’elle avait fondée. C’est à cette époque, durant le deuxième quart du XIIIe siècle, que furent édifiés une grande partie des bâtiments conventuels organisés autour du cloître et que débuta également la construction de l’église. En 1240, l’Épau participa à la fondation de l’abbaye de la Clarté-Dieu (Indre-et-Loire). En 1364, l’instabilité provoquée par la guerre de Cent Ans poussa la communauté à abandonner temporairement le monastère pour se réfugier en ville.
L’année suivante, l’abbaye fut détruite par les habitants mêmes du Mans, qui craignaient qu’elle ne puisse servir de fortification contre la ville en raison de sa proximité. Durant la première moitié du XVe siècle, le monastère fut presque entièrement restauré. Les travaux de construction se poursuivirent au cours des siècles suivants. En 1440, Thomas des Capitaines fut nommé abbé commendataire, bien que le régime de la commende ne s’imposât définitivement qu’à la fin de ce siècle. En 1672, le tombeau de la fondatrice fut transféré dans l’église.
La vie conventuelle prit fin à la suite de la Révolution française. En 1790, la communauté ne comptait plus que sept religieux. En 1791, le site fut vendu puis transformé en exploitation agricole. En 1821, le tombeau royal fut transféré à la cathédrale du Mans, avant de revenir à l’abbaye en 1970. Depuis 1958, l’ensemble appartient au domaine public. Le monastère de l’Épau conserve encore une part importante de ses structures de caractère cistercien.
Filiation de l'Épau
Selon Originum Cisterciensium (L. Janauschek, 1877)
L’église possède une nef très courte, de seulement trois travées. Le transept est particulièrement développé par rapport à la nef. Le chevet est formé d’une grande abside centrale et de trois autres absides sur chacun des bras du transept, toutes de plan rectangulaire. Le cloître a disparu, mais son côté oriental conserve plusieurs dépendances médiévales, notamment la salle capitulaire, la sacristie et la salle des moines et, à l’étage supérieur, le dortoir. Au nord du cloître se trouve l’église et au sud subsistent d’autres dépendances mineures.
- AUBERT, Marcel (1961). Abbaye de l'Épau. Congrès archéologique de France. 119 ss. Maine. Société française d'archéologie
- AUBERT, R. (1963). Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques. Vol. 15. París: Letouzey et Ané
- BESSE, Jean-Martial (1920). Abbayes et prieurés de l'ancienne France, vol. 8, Tours. París : Picard
- BRÉAU, Jules; i altres (1999). L’Abbaye de l’Épau. Rennes: Ouest-France
- CORRIOL, Vincent (2013). Heurts et malheurs d’une abbaye : l’abbaye de l’Épau à la fin du Moyen Âge (v. 1350-v. 1450). Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, núm. 120/3
- FROGER, L; Ricordeau, A. (1893-94). L'abbaye de l'Épau du XIIIe au XVe siècle. Revue historique et archéologique du Maine, vols. 34-35
- JANAUSCHEK, Leopoldus (1877). Originum Cisterciensium. Vol. 1. Viena
- MEUNIER, Hugo (2014). Abbaye de l’Épau. Sondage dans le logis abbatial. Yvré l’Evêque (Sarthe). Capra
- SAINT-MAUR, Congregació de (1856). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 14. París: Typographia Regia
- SCHMUCKLE-MOLLARD, Christiane (1991). Sarthe. Découvertes à l'abbaye de l'Épau. Bulletin Monumental. Vol. 149 N°2



















