Prieuré Saint-Pierre de Marnans

Mornancum / Marnant / Marnanto

(Marnans, Isère)

Saint-Pierre de Marnans
Saint-Pierre de Marnans

L’église Saint-Pierre de Marnans est située dans une vallée secondaire entre Lyon et Valence. Elle appartenait à un établissement monastique actif entre les XIIe et XVIe siècles, occupé d’abord par une communauté de chanoines réguliers, puis par des antonins. De l’ancien monastère ne subsiste aujourd’hui que sa remarquable église romane.

Saint-Pierre de Marnans
Saint-Pierre de Marnans

La première mention connue de Saint-Pierre de Marnans remonte vers 1070, lorsque cette église, alors paroissiale, fut donnée à l’abbaye Saint-André-le-Bas de Vienne (Isère), à l’époque de l’archevêque Léodegarius (1030-1070). La donation fut effectuée par la veuve Élisabeth et ses cinq fils. L’église est de nouveau mentionnée dans une confirmation de biens en faveur de l’archevêché de Vienne, accordée par le pape Adrien IV en 1157, sans qu’il soit encore fait référence à des fonctions monastiques.

La condition de cénobie est confirmée en 1164, dans une donation de terres réalisée par l’archevêque de Vienne. On ignore quelle communauté occupait alors la maison : il a été supposé qu’il pouvait s’agir de bénédictins, en raison des liens avec Saint-André-le-Bas, ou bien de chanoines réguliers, qui sont attestés dans le dernier quart du XIIe siècle. Il est possible qu’à cette époque le prieuré ait dépendu de l’abbaye Saint-Barnard de Romans (Drôme). C’est également durant cette période que fut édifiée l’église conservée aujourd’hui.

Saint-Pierre de Marnans
Saint-Pierre de Marnans
Saint-Pierre de Marnans
Saint-Pierre de Marnans

Un siècle plus tard, Marnans était en pleine décadence et, pour cette raison, en 1286, l’archevêque demanda à placer le prieuré — sans préciser de quelle maison il dépendait — sous la protection d’un établissement capable d’en assurer la pérennité. La situation fut réglée en 1287 par son rattachement à l’abbaye Saint-Antoine (Isère), alors en pleine prospérité. Dès lors, Marnans devint une maison antonine, dépendant de l’abbé de Saint-Antoine, qui en confiait la direction à un prieur ou à un commandeur résidant sur place.

Cette nouvelle situation entraîna un redressement économique du prieuré, qui se maintint jusqu’aux environs de 1562, date à laquelle le site fut ravagé lors des guerres de Religion. Le prieuré perdit son cloître et ses autres dépendances, et seule l’église subsista, malgré une tentative de destruction. Il est probable que Marnans se soit retrouvé sans communauté, mais l’église put retrouver ses fonctions paroissiales et resta liée à Saint-Antoine jusqu’à ce que l’Ordre de l’Hôpital de Saint-Jean de Jérusalem (ordre de Malte) prenne en charge le site après la suppression des antonins.

Saint-Pierre de Marnans
Saint-Pierre de Marnans
Saint-Pierre de Marnans
Saint-Pierre de Marnans

Aujourd’hui, seule subsiste l’église du prieuré, devenue paroissiale, ainsi que quelques vestiges des anciennes dépendances monastiques. Il s’agit d’un édifice à nef unique de quatre travées, terminée par une abside, avec un transept doté de deux absidioles ouvertes dans ses bras. On remarquera également le portail occidental et les chapiteaux de la nef. L’ensemble peut être daté, pour l’essentiel, du dernier quart du XIIe siècle.

Saint-Pierre de Marnans
Saint-Pierre de Marnans
Saint-Pierre de Marnans
Saint-Pierre de Marnans
Saint-Pierre de Marnans
Maquette de Saint-Pierre de Marnans

Bibliographie:
  • BARRUOL, Guy (1992). Dauphiné roman. La Nuit des Temps, 77. Zodiaque
  • BERTHIN, Vital (1839). Saint-Pierre de Marnans. Revue de Vienne, vol. 3
  • CHEVALIER, Ulysse (1869). Cartulaire de l'abbaye de Saint-André-Le-Bas-de-Vienne, ordre de Saint Benoît . Lió: Schevring
  • COLARDELLE, Michel i altres (1983). Le prieuré de Marnans. Histoire et archéologie. Archéologie médiévale. Vol. 13
  • COTTINEAU, Laurent-Henri (1939). Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés. Vol. 2. Mâcon: Protat
  • GOUBET, Simone (1974). Église de Saint-Pierre de Marnans. Congrès archéologique de France, 130 ss. Société française d'archéologie
  • LAGIER, A. (1901). Notice sur l'église de Saint-Pierre de Marnans. Annales Dauphinoises, Vol. II. Grenoble: Vallier
  • MAILLER-GUY, Luc (1909). Les paroisses antoniennes de l'ancien diocèse de Vienne. Bulletin de l'Académie delphinale. Grenoble: Allier

Emplacement:
Vista aèria

Marnans (Isère) se situe au sud-est de Vienne, entre cette ville et Grenoble