Abbaye Saint-André-le-Bas
S Andreae Inferioris / S Andree Vienensis / S.-André et S.-Maximin
(Vienne, Isère)
L’abbaye Saint-André-le-Bas de Vienne du Dauphiné, aujourd’hui église paroissiale, est située sur un léger promontoire près du Rhône. De fondation ancienne, elle connut son apogée aux XIe et XIIe siècles, lorsque furent édifiés une remarquable église, le clocher et le cloître, encore conservés.
L’origine du monastère demeure obscure. La tradition situe sa fondation au VIe siècle, mais le document censé l’attester — une donation datée de 543 — est considéré comme un faux rédigé au IXe siècle afin de justifier les biens de la maison. Bien que le premier document authentique mentionnant Saint-André ne remonte qu’à 831, il est vraisemblable que la fondation soit bien antérieure. Il est possible qu’une communauté féminine, de courte durée, y ait subsisté jusqu’aux invasions sarrasines.
Le monastère subit diverses invasions et occupations aux VIIIe et IXe siècles. Il fut finalement restauré en 881 à l’initiative de Boson (v. 844-887), beau-frère de Charles le Chauve, qui y installa une communauté de chanoines. Peu après, le monastère est attesté en relation avec la maison de Bourgogne, notamment sous le règne de Conrad III (937-993). L’église fut même intégrée temporairement au palais des rois de Bourgogne. Conrad III y introduisit également la règle de saint Benoît. Aux XIe et XIIe siècles, le monastère atteignit son apogée ; en 1152 commencèrent la reconstruction de l’église et la construction du cloître actuel.
Progressivement, l’abbaye perdit de son influence, parallèlement au déclin politique de son environnement. L’arrivée des ordres mendiants accentua cette décadence, aggravée encore au XVIe siècle par les guerres de Religion. En raison de sa situation précaire, l’abbaye fut supprimée en 1774 et unie à celle de Saint-Chef (Isère), déjà sécularisée depuis 1531. En 1780, la communauté résultante fusionna avec celle de Saint-Pierre, également à Vienne, et se transféra dans ce dernier monastère. À la Révolution, l’ensemble passa en mains privées, mais le culte put être rétabli dans l’église, désormais paroissiale. Le cloître fut restauré en 1937-1938 puis de nouveau en 2010-2011.
Du monastère bénédictin subsiste l’église, élevée sur des constructions antiques au XIe siècle et modifiée à partir de 1152 par le maître d’œuvre Guillaume Martin, comme l’indique une inscription encore visible dans l’édifice. Il s’agit d’un édifice à nef unique, terminé par une abside. L’intérieur est orné de chapiteaux de cette époque. On mentionnera également le clocher carré adossé au sud. Au nord se conserve le cloître, de plan trapézoïdal en raison de son adaptation à des constructions antérieures. Il se compose de vingt colonnes doubles avec leurs chapiteaux, disposées entre les piliers de soutien.
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