Chartreuse de Currière

Coureria / Domus Cureriae

(Saint-Laurent-du-Pont, Isère)

Chartreuse de Currière
Chartreuse de Currière
Aujourd'hui Notre-Dame du Buisson Ardent

La chartreuse de Currière fut fondée à la fin du XIIIe siècle, tout près de la Grande Chartreuse. Elle eut une existence très brève comme communauté indépendante, moins d’un siècle, mais le lieu demeura lié à la maison mère. Aujourd’hui, il est occupé par deux communautés monastiques d’esprit chartreux, l’une féminine et l’autre masculine.

Chartreuse de Currière
Chartreuse de Currière
Illustration tirée de Maisons de l'ordre des Chartreux (1913)

À l’époque de la fondation de la Grande Chartreuse, dans le même massif montagneux et à proximité du monastère, se trouvait l’enclave de Currière, sans lien avec les Chartreux. En 1129, alors que Guigues exerçait la charge de prieur de la Chartreuse, il acquit Currière avec l’aide de l’évêque Hugues de Grenoble (v. 1053-1132) et l’intégra au vaste territoire dont il disposait déjà, en l’utilisant comme grange. Ce n’est qu’en 1296 qu’une nouvelle chartreuse y fut fondée, grâce à l’initiative d’Amblard d’Entremont († 1308), qui devint par la suite évêque de Maurienne.

Au moment de sa création, le fondateur dota la nouvelle maison et lui assura également une rente annuelle. En outre, en 1315, Amédée V de Savoie († 1323) lui fit une nouvelle donation. Comme les terres appartenaient déjà à la Grande Chartreuse, celle-ci conserva une certaine autorité sur Currière, en plus de celle qu’elle exerçait naturellement en tant que maison mère de l’ordre. Très probablement en raison de la faible vitalité de la fondation et de sa proximité avec la Grande Chartreuse (environ 4 km à vol d’oiseau), Currière eut une existence courte et, en 1388, on décida de l’incorporer à la maison mère. Dès lors, le lieu resta à la disposition de la Grande Chartreuse.

Chartreuse de Currière
Chartreuse de Currière
Club alpin français, Section de l'Isère (1884)
Bibliothèque nationale de France
Chartreuse de Currière
Chartreuse de Currière
Carte postale ancienne, collection privée

Il est attesté que, durant les guerres de Religion, quelques Chapitres généraux s’y tinrent, bien que sa fonction habituelle fût celle d’un lieu de repos et d’infirmerie. En 1700, les bâtiments furent reconstruits en raison de l’état de ruine qu’ils présentaient. En 1792, ils durent être abandonnés à la suite de la Révolution et retombèrent en ruine. En 1876, le site accueillit une école pour sourds-muets jusqu’à sa suppression en 1903, comme ce fut le cas à la Grande Chartreuse. Le lieu alterna des périodes d’abandon avec d’autres usages, notamment militaires ou de camp de prisonniers, jusqu’à ce qu’il soit confié au diocèse en 1945. En 1973, une communauté de moniales de Bethléem s’y installa sous le vocable de Notre-Dame du Buisson Ardent et, en 1976, une communauté masculine dédiée à l’Assomption Notre-Dame vint s’y ajouter.


Bibliographie:
  • BESSE, J.-M.; i altres (1939). Abbayes et prieurés de l'ancienne France. Vol. 9: Province ecclésiastique de Vienne. Abbaye de Ligugé
  • CARTOIXA DE NOTRE-DAME DES PRÉS (1913). Maisons de l'ordre des Chartreux. Vol. I. Chartreuse de Notre-Dame des Prés (Tournai)
  • COTTINEAU, Laurent-Henri (1936). Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés. Vol. 1. Mâcon: Protat
  • LE COUTEULX, Carolo (1888). Annales Ordinis Cartusiensis ab anno 1084 ad annum 1429, Vol. IV. S. Mariae de Pratis
  • LEFEBVRE, François (1883). Saint Bruno et L'Ordre des Chartreux, vol. 2. París: L. Catholique

Emplacement:
Vista aèria

L’ancienne chartreuse de Currière est située à l’ouest de la Grande Chartreuse