Monastère Saint-Pierre-le-Puellier de Tours

S Petri Puellarum / Puellare

(Tours, Indre-et-Loire)

Saint-Pierre-le-Puellier
Saint-Pierre-le-Puellier

L'église Saint-Pierre-le-Puellier devait son nom à la communauté de moniales qui l'avait occupée. Cette maison féminine devait avoir une origine assez ancienne, probablement du VIe siècle, bien qu'elle ne soit attestée qu'en 791, lorsqu'elle est mentionnée par l'abbé Ithier, fondateur de l'abbaye Saint-Paul de Cormery.

Saint-Pierre-le-Puellier
Saint-Pierre-le-Puellier

Par ailleurs, une tradition attribue la fondation à sainte Monégonde († v. 570), qui aurait établi ce monastère près du tombeau de saint Martin. Selon ce récit, Monégonde était originaire de Chartres, mais, en raison de sa réputation de sainteté, elle se retira à Tours, où elle se reclut avec d'autres compagnes et forma une communauté féminine. Une autre tradition situe la fondation à la même époque, mais l'attribue cette fois à la reine Clotilde (v. 474-v. 545), épouse de Clovis Ier (v. 466-511). Devenue veuve, elle se serait retirée à Tours, où elle aurait fondé un monastère féminin dans lequel elle mourut en 545. Il pourrait s'agir du même établissement, de deux monastères distincts ou encore de deux communautés réunies ultérieurement, donnant naissance à Saint-Pierre-le-Puellier.

Le site est attesté comme monastère en 791, bien que la documentation ne permette pas de déterminer s'il s'agissait encore alors d'une communauté féminine ou déjà masculine. Il est également mentionné avec le statut d'abbaye dans un document de Robert II le Pieux (972-1031), daté des environs de l'an 1000. Toutefois, dans la seconde moitié du XIIe siècle, il apparaît déjà comme un chapitre de chanoines séculiers. Vers 1030, la présence de clercs est attestée et, en 1080, l'église est déjà mentionnée comme paroissiale.

Saint-Pierre-le-Puellier
Saint-Pierre-le-Puellier
Saint-Pierre-le-Puellier
Saint-Pierre-le-Puellier
Espace du cloître, fouillée

En 1119, le pape Calixte II confirma aux chanoines de Saint-Martin de Tours la possession de l'église paroissiale Saint-Pierre-le-Puellier. Au cours du XIIe siècle, l'église fut reconstruite ; en 1406, elle fut remaniée et, peu après, le cloître fut édifié. L'ensemble fut occupé durant les guerres de Religion et, en 1562, les reliques de sainte Monégonde furent perdues. Aujourd'hui, le site est profondément transformé, bien que son cimetière ait pu être fouillé.

Saint-Pierre-le-Puellier
Saint-Pierre-le-Puellier
Sainte Monégonde
Image sur Wikimedia
Saint-Pierre-le-Puellier
Saint-Pierre-le-Puellier
La reine Clotilde vénère saint Martin
Illustration tirée de Les grandes Chroniques de France (1390-1405)
Bibliothèque nationale de France

Bibliographie:
  • BESSE, Jean-Martial (1920). Abbayes et prieurés de l'ancienne France, vol. 8, Tours. París : Picard
  • BOURASSÉ, Jean-Jacques (1861). Cartulaire de Cormery précédé de l’histoire de l’abbaye et de la ville de Cormery. Mémoires de la Société archéologique de Touraine. Tours/París
  • CARRÉ DE BUSSEROLLE, Jacques-Xavier (1884). Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine. Vol. VI. Tours: Rouillé-Ladevèze
  • CHALMEL, Jean-Louis (1878). Histoire de Touraine. Vol. III. París/Tours
  • GALINIÉ, Henri; dir. (2007). Tours antique et médiéval. Tours: Revue archéologique du Centre de la France
  • GUÉRIN, Paul (1888). Les Petits Bollandistes. Vies des saints. Vol. 7. París: Bloud et Barral
  • NOIZET, Hélène (2019). La fabrique de la ville. Espace et sociétés à Tours (IXe-XIIIe siècle). París: Éditions de la Sorbonne
  • SAINT-MAUR, Congregació de (1856). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 14. París: Typographia Regia
  • THEUREAU, Christian (1985). Anthropologie des squelettes du cimetière paroissial de Saint-Pierre-le-Puellier (XIe-XVIIe siècle). Tours: Laboratoire d'archéologie urbaine

Emplacement:
Vista aèria

Le monastère Saint-Pierre-le-Puellier se trouvait au centre de Tours, au nord de la basilique Saint-Martin