Couvent des Carmes de Tours
Saint-Saturnin / Notre-Dame-de-Pitié / Grands Carmes
(Tours, Indre-et-Loire)
Les Grands Carmes seraient arrivés à Tours au cours du troisième quart du XIIIe siècle, à l'époque de Louis IX (1214-1270), qui favorisa l'arrivée de religieux venus de Terre sainte. Ils s'établirent d'abord dans un lieu isolé, au sud-ouest du centre historique de la ville, mais en 1324, ils furent transférés vers un nouvel emplacement, près de la collégiale Saint-Martin, où ils élevèrent une première chapelle dédiée à Notre-Dame-de-Pitié.
Les Carmes se heurtèrent à l'opposition d'autres institutions religieuses déjà établies, qui voyaient leurs droits menacés, notamment les bénédictins de Saint-Julien et les chanoines de Saint-Pierre-le-Puellier. Cette situation retarda la consécration d'une nouvelle église, plus vaste, jusqu'en 1344. La guerre de Cent Ans affecta ce couvent pour des raisons stratégiques et défensives, et les Carmes durent le reconstruire au cours du dernier quart du XVe siècle avec le soutien, entre autres, de Louis XI. Au XVIe siècle, il subit encore les conséquences des guerres de Religion.
Au XVIIIe siècle, la communauté traversait une période de déclin et, en 1791, à la suite de la Révolution, les quelques religieux qui y résidaient encore durent quitter le couvent. L'église fut conservée et utilisée comme grange, tandis que les autres bâtiments conventuels disparurent progressivement. En 1824, l'église fut acquise par un particulier et rouverte au culte sous le vocable de Saint-Saturnin, en remplacement de la paroisse du même nom, détruite pendant la Révolution.
- CARRÉ DE BUSSEROLLE, Jacques-Xavier (1884). Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine. Vol. VI. Tours: Rouillé-Ladevèze
- MABIRE LA CAILLE, Claire (1981). Evolution des enclos conventuels des mendiants à Tours (XIIIe-XVIIIe s.). Recueil d'études. Tours




