Le monastère de la Trinité de Vendôme fut fondé par Geoffroy II Martel — comte de Vendôme de 1032 à 1056 et comte d'Anjou de 1040 à 1060 — et son épouse Agnès de Bourgogne (v. 995-1068), à une date indéterminée située entre 1032 et 1040. Une légende attribue cette fondation à une vision miraculeuse des deux comtes. On a également supposé que les premiers moines provenaient de l'abbaye de Marmoutier (Tours, Indre-et-Loire), mais cette hypothèse n'a jamais pu être confirmée.
Le premier abbé de la Trinité fut Renaud, venu de l'abbaye Saint-Nicolas d'Angers (Maine-et-Loire). La construction du premier ensemble monastique aurait commencé vers 1032 et, dès 1035, la chapelle, conservée jusqu'à nos jours malgré de profondes transformations, était achevée. En 1040, la fondation fut officiellement établie en présence de nombreuses personnalités. À cette occasion, la nouvelle église abbatiale fut consacrée, bien que sa construction ne fût qu'à ses débuts.
Geoffroy II dota également l'abbaye de nombreux biens et droits et y déposa la précieuse relique de la Sainte Larme, qui y fut vénérée. Lorsqu'il restitua le comté de Vendôme à Foulques († 1066) en 1056, il conserva néanmoins les droits qu'il détenait sur l'abbaye. En 1061, le pape Nicolas II (1059-1061) confirma la fondation et les possessions du monastère et, en 1097 ou 1098, le pape Urbain II (1088-1099) lui accorda le privilège d'exemption, plaçant l'abbaye sous l'autorité directe du Saint-Siège. Geoffroi de Vendôme (v. 1070-1132) fut abbé de cette maison de 1093 à 1132. Personnalité influente, très proche du pape Urbain II, il laissa plusieurs écrits de caractère religieux.
Au cours du dernier quart du XIIIe siècle commença la reconstruction de l'église dans le style gothique. Les travaux se prolongèrent longtemps en raison, notamment, de la guerre de Cent Ans. En 1539 mourut le dernier abbé régulier de Vendôme ; l'abbaye fut ensuite confiée à des abbés commendataires. En raison du relâchement de la discipline monastique, l'abbé Sablet entreprit les démarches nécessaires pour rattacher la communauté à la congrégation de Saint-Maur, ce qui devint effectif en 1621. Les mauristes y demeurèrent jusqu'à la Révolution, qui mit fin à la vie conventuelle en 1790. La Trinité de Vendôme fut plus heureuse que bien d'autres monastères et a pu être conservée en grande partie.
L'église est essentiellement gothique, mais conserve des éléments de la première époque, notamment le transept du XIe siècle. Elle comprend trois nefs et huit travées, construites entre les XIVe et XVe siècles, du transept jusqu'à la façade occidentale. La façade remonte au début du XVIe siècle. Le chevet est complexe, avec un chœur du XIVe siècle entouré d'un déambulatoire et de plusieurs chapelles rayonnantes du XIIIe siècle. Le clocher constitue également un remarquable témoin du XIIe siècle. Parmi les autres bâtiments subsistent la chapelle primitive de la fondation, très remaniée, et la salle capitulaire, qui conserve des peintures murales du XIIe siècle.
Schéma du plan de l'église
Monasticon Gallicanum
Bibliothèque nationale de France
Armoire du reliquaire de la Sainte Larme
Louis Boudan (1695)
Bibliothèque nationale de France
Selon la tradition, cette relique serait une larme versée par le Christ devant le tombeau de Lazare. La légende raconte qu'elle fut recueillie par un ange et remise à Marie Madeleine, qui l'apporta en Gaule et la confia à saint Maximin d'Aix († v. 80), lequel l'aurait assistée à sa mort. Plus tard, l'empereur Constantin l'aurait transportée à Constantinople, où elle fut conservée jusqu'en 1040, date à laquelle Geoffroy II Martel la reçut des mains de l'empereur byzantin Michel IV et la déposa dans le monastère qu'il avait fondé.
Reliquaire contenant la Sainte Larme
Illustration tirée de Voyage à la Sainte-Larme de Vendôme
Malgré cette tradition légendaire, la relique n'est attestée qu'à la fin du XIIe siècle, à l'occasion d'un fait considéré comme miraculeux. Elle consistait en une pièce de cristal de roche renfermant une goutte d'eau, à laquelle furent ajoutés, au fil du temps, divers éléments ornementaux. Elle figure dans l'inventaire des biens de l'abbaye dressé à l'époque révolutionnaire (1790), mais perdit en 1793 les précieux éléments d'orfèvrerie qui l'accompagnaient. En 1803, elle était en possession de l'évêque d'Orléans ; par la suite, sa trace s'est perdue.
Reliquaire contenant la Sainte Larme
Illustration tirée de Voyage à la Sainte-Larme de Vendôme
Reliquaire contenant la Sainte Larme
Illustration tirée de Voyage à la Sainte-Larme de Vendôme
Reliquaire contenant la Sainte Larme
Illustration tirée de Voyage à la Sainte-Larme de Vendôme
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