Le prieuré de Tuffé trouve son origine dans un monastère féminin fondé à l’époque de Béraire, qui occupa le siège épiscopal du Mans entre 655 et 670. L’initiative de cette fondation revint à Lopa, veuve d’Egignius, vers l’an 660. L’existence de ce monastère est connue grâce à un diplôme de Clovis II (635-657), et son activité est encore attestée à l’époque de Charlemagne (748-814), mais il disparut vers 866, probablement à cause des invasions normandes.
Au XIe siècle, le site de Tuffé, avec son église Notre-Dame, appartenait aux seigneurs de Mondoubleau. Vers 1030, Hugues de Mondoubleau y fonda à nouveau un monastère, cette fois avec une communauté masculine, dont le premier abbé fut Hermenteus, venu de l’abbaye Saint-Pierre de la Couture (Le Mans). La vie de cette abbaye fut éphémère et, malgré la dotation accordée par Hugues, son successeur Hamelin la céda vers 1070 à l’abbaye Saint-Vincent du Mans, dont elle devint un prieuré dépendant, chargé de l’administration des propriétés agricoles du territoire.
En 1636, Saint-Vincent rejoignit la congrégation de Saint-Maur et, en 1646, une nouvelle communauté venue de la maison mère arriva à Tuffé. Cette communauté réforma le prieuré, tant par une observance plus stricte que par la restauration et la modernisation des bâtiments, de manière comparable à ce qui se faisait à Saint-Vincent. Cette situation se maintint jusqu’en 1768, lorsque le prieuré se retrouva sans communauté et que les moines furent transférés à la maison mère. Tuffé entra alors dans les possessions du monastère du Mans. C’est également à cette époque que l’église médiévale fut démolie en raison de son état de ruine.
L’activité agricole se maintint jusqu’à la Révolution et, par la suite, le site fut mis en vente. En 1798, une fabrique de faïence y fut installée et resta active jusqu’en 1832. Au cours du XIXe siècle, une grande partie des structures monastiques disparut, mais quelques constructions d’époque mauriste furent conservées ; elles passèrent ensuite dans le domaine public et furent notamment utilisées comme hôtel de ville.
Monasticon Gallicanum
Bibliothèque nationale de France
- BEAUVAIS DE SAINT-PAUL (1837). Essai historique et statistique sur le canton et la ville de Mondoubleau. Le Mans: Monnoyer
- BESSE, Jean-Martial (1920). Abbayes et prieurés de l'ancienne France, vol. 8, Tours. París : Picard
- DESFORGES, Jean-David (2008). Pavillon de l'ancien prieuré Notre-Dame. Rapport d'opération d'archéologie du bâti
- HARDY, Julien; i altres (2021). Abbaye Notre-Dame. Tuffé Val de la Chéronne. Pays d’art et d’histoire du Perche Sarthois
- LEMERCIER, Sylvie (2007). Tuffé. Pays d'art et d'histoire du Perche Sarthois
- PEIGNÉ-DELACOURT, Achille (1877). Monasticon Gallicanum. Paris: G. Chamerot
- PICHARD, Edwige (2005). Le prieuré de Tuffé du temps des mauristes. Mémoire de maîtrise. Université du Maine
- PIOLIN, Dom Paul (1851). Histoire de l’Église du Mans. Vol. I. París: Julien, Lanier et Cie
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