La chartreuse de Sélignac est située dans la vallée du même nom, à l’est de Bourg-en-Bresse. Fondée au début du XIIIᵉ siècle à partir de la chartreuse de Seillon (Ain), elle a maintenu une activité monastique, avec quelques interruptions, jusqu’en 2001. Elle appartient toujours à l’ordre, qui continue d’assurer l’entretien du site.
Sélignac fut fondée à l’initiative d’Hugues de Coligny († 1205), qui fit une donation à cette fin en 1201, peu avant de partir pour la quatrième croisade. La remise des terres concernées fut faite aux chartreux de Seillon, maison située près de Bourg-en-Bresse, chargés de réaliser la fondation. Hugues de Coligny mourut en 1205 en Macédoine, au cours de la croisade.
La fondation ne se concrétisa qu’en 1211, lorsque la donation initiale fut complétée, donnant une impulsion décisive au projet. Ce soutien fut assuré notamment par le comte Étienne II de Bourgogne († 1241), qui fit don de ses biens à Sélignac en 1210, ainsi que par Guillaume de Coligny, frère d’Hugues, qui confirma la donation initiale en 1211 et y ajouta d’autres biens de sa propriété. D’autres donations suivirent dans les années suivantes. L’église et la chartreuse furent dédiées à saint Martin de Tours, d’où l’appellation de Val-Saint-Martin, qui fut par la suite remplacée par celle de Sélignac.
Raquelli, 1784
Musée de la Grande Chartreuse
Une bulle du pape Honorius III, datée de 1225, plaça la chartreuse sous sa protection. En 1231, Jean Iᵉʳ de Chalon († 1267), fils d’Étienne II, confirma la donation de son père, lequel mourut en 1241 à l’abbaye cistercienne de La Charité (Haute-Saône). Le premier prieur connu de Sélignac fut Ogier (ou Otger), attesté en 1212. À la fin du XVIᵉ siècle, le site fut pillé en raison des guerres. Un incendie, en 1615, le plongea dans le déclin, dont il ne se releva qu’à la faveur d’une importante campagne de reconstruction des bâtiments, prolongée jusqu’au XVIIIᵉ siècle.
La Révolution entraîna la suppression de la chartreuse, totalement abandonnée entre 1791 et 1792. Le site passa ensuite entre des mains privées et perdit une part importante de ses constructions. Les chartreux purent le racheter en 1866 et y rétablir la vie religieuse jusqu’à leur expulsion au début du XXᵉ siècle. Après divers usages, dont un établissement hôtelier, les chartreux revinrent en 1929 et y demeurèrent jusqu’en 2001, date de la cessation définitive de l’activité monastique, le lieu restant toutefois un centre de spiritualité chartreuse.
Armorial général de France (XVIIIe siècle)
Bibliothèque nationale de France
Raquelli (XVIIIe siècle)
Monastère de Brou
- ANIEL, Jean-Pierre (1983). Les maisons de chartreux des origines à la chartreuse de Pavie. París: Arts et Métiers Graphiques
- BULLIAT, Ambroise-Marie (1884). Chartreuse et seigneurie du Val-St.-Martin de Sélignac. París: L. Catholique
- CARTOIXA DE PARKMINSTER (1915). Maisons de l'ordre des Chartreux. Vol. II. Chartreuse de Saint-Hughes (Sussex)
- COTTINEAU, Laurent-Henri (1939). Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés. Vol. 2. Mâcon: Protat
- GUIGUE, Marie-Claude (1873). Topographie historique du département de l'Ain. Bourg-en-Bresse: Gromier Ainé
- MOULIN, L. (1939). Simandre-sur-Suran. Annales de la Société d'émulation de l'Ain. Bourg








