S Michaelis Lucizensis / Luzé / Boscus Alberici
(Luzé, Indre-et-Loire)
L'abbaye Saint-Michel de Bois-Aubry trouve son origine dans une petite communauté d'inspiration érémitique qui occupait le site de Luzé vers 1130, bien qu'elle puisse remonter à 1118. Cette communauté disposait d'une chapelle dédiée à saint Michel. Robert, qui était à l'origine de cette initiative, régularisa la situation et, vers 1135, céda ces possessions à l'abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron (Eure-et-Loir), qui y établit un prieuré. En 1138, Saint-Michel fut érigée en abbaye et demeura liée à Tiron, intégrant l'ordre du même nom, d'origine bénédictine.
Initialement, le site était connu sous le nom de Saint-Michel de Luzé, mais cette dénomination fut progressivement remplacée par celle de Bois-Aubry, qui s'imposa définitivement au XVe siècle. Au cours du XVIe siècle, le régime de la commende y fut instauré. À cette même époque, l'abbaye aurait également souffert des guerres de Religion et connut une longue période de déclin qui se prolongea jusqu'à sa suppression à la Révolution française. Vendue en 1792, l'ancienne abbaye tomba en ruine. En 1978, une communauté de l'Église orthodoxe s'y installa et entreprit la restauration du site. Depuis 2006, elle est une propriété privée. Malgré les années d'abandon, certaines structures médiévales ont pu être partiellement restaurées.
- BESSE, Jean-Martial (1920). Abbayes et prieurés de l'ancienne France, vol. 8, Tours. París : Picard
- BOSSEBOEUF, Louis-Auguste (1900). L'abbaye bénédictine de Bois-Aubry. Bulletin de la Société archéologique de Touraine, vol. 12. Tours: Péricat
- CARRÉ DE BUSSEROLLE, Jacques-Xavier (1878). Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine. Vol. I. Tours: Rouillé-Ladevèze
- GILBERT, Christian (1987). L'abbaye Saint-Michel de Bois-Aubry. Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques, núm. 19
- GILBERT, Christian (1993). Une abbaye tironienne en Touraine : Saint-Michel de Bois-Aubry au XIIe siècle. Bulletin Monumental, vol. 151/1
- MERLET, Lucien; ed. (1883). Cartulaire de l'abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron. Vol. 1. Chartres: Garnier
- SAINT-MAUR, Congregació de (1856). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 14. París: Typographia Regia
Monasticon Gallicanum
Bibliothèque nationale de France
L’abbaye Notre-Dame de Noyers fut fondée et dotée vers 1031 par Hubert de Noyant, avec l'accord du comte d'Anjou, Foulques III Nerra (v. 970-1040), et grâce à l'intervention de l'abbé Évrard de Marmoutier (Tours), qui y envoya les premiers moines ; il en fut lui-même le premier abbé. En 1031, le roi des Francs Robert II (v. 972-1031) confirma la fondation. Le soutien financier d'autres personnages donna un fort essor à l'établissement, et Arnoul, archevêque de Tours de 1023 à 1052, consacra l'église monastique. En 1120, celle-ci fut consacrée à nouveau après la réparation des dommages causés par une action militaire.
L'abbaye subit également les effets de la guerre de Cent Ans. Au cours du dernier quart du XVe siècle, le cloître fut construit. Le dernier abbé régulier fut Jacques de Mauny († 1542), tandis que son frère François († 1558) fut le premier abbé commendataire et gouverna Noyers entre 1544 et 1554. Par la suite, lors des guerres de Religion, une grande partie du monastère fut touchée en 1589. En 1659, la réforme de la congrégation de Saint-Maur y fut introduite et favorisa de nouvelles constructions, mais, au milieu du XVIIIe siècle, la communauté était déjà en déclin. L'église et la majeure partie des dépendances disparurent à la suite de la Révolution, mais quelques bâtiments du XVIIIe siècle sont encore conservés.
- BESSE, Jean-Martial (1920). Abbayes et prieurés de l'ancienne France, vol. 8, Tours. París : Picard
- CARRÉ DE BUSSEROLLE, Jacques-Xavier (1882). Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine. Vol. IV. Tours: Rouillé-Ladevèze
- CHAPU, Philippe (1989). Les prieurés de l'abbaye tourangelle de Noyers. Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France
- CHEVALIER, Casimir (1872). Cartulaire de l'abbaye de Noyers. Mémoires de la Société archéologique de Touraine, vol. XXII
- CHEVALIER, Casimir (1873). Histoire de l'abbaye de Noyers au XIe et au XIIe siècle d'après les chartes. Mémoires de la Société archéologique de Touraine, vol. XXIII
- PEIGNÉ-DELACOURT, Achille (1877). Monasticon Gallicanum. Paris: G. Chamerot
- SAINT-MAUR, Congregació de (1856). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 14. París: Typographia Regia
- SEMUR, François-Christian (2011). Abbayes de Touraine. La Crèche: Geste Ed.
Au Xe siècle, ce lieu était une île appartenant à la collégiale Saint-Martin de Tours. Au début du XIe siècle, une église dédiée aux saints Côme et Damien y fut édifiée et utilisée comme lieu de retraite à caractère érémitique. En 1022, le site fut cédé à l'abbaye de Marmoutier, mais, en raison du non-respect des conditions de cette cession, il revint à Saint-Martin.
Le lieu continua d'accueillir des ermites jusqu'à ce que Saint-Martin y fonde, en 1092, une communauté de chanoines réguliers augustins. Cette communauté demeura active en tant que prieuré, sous la protection de l'influente maison fondatrice, jusqu'en 1742. Après la cessation de son activité, l'ensemble fut partiellement démoli. Il fut ensuite vendu à la suite de la Révolution. Aujourd'hui, seules subsistent les ruines, soigneusement aménagées. Le poète Pierre de Ronsard (1524-1585) fut nommé prieur de cette maison, où il mourut et fut inhumé.
- BESSE, Jean-Martial (1920). Abbayes et prieurés de l'ancienne France, vol. 8, Tours. París : Picard
- DURET-MOLINES, Patricia (2003). L'ancienne église prieurale de Saint-Cosme (commune de La Riche). Congrès archéologique de France, 155 ss. Société française d'archéologie
- NOIZET, Hélène (2019). La fabrique de la ville. Espace et sociétés à Tours (IXe-XIIIe siècle). París: Éditions de la Sorbonne
- PLAILLY (1845). Notice sur le prieuré de Saint-Cosme près Tours. Mémoires de la Société archéologique de Touraine. Vol. 2. Tours
Louis Boudan (1699)
Bibliothèque nationale de France
L’abbaye bénédictine féminine Notre-Dame de Beaumont-lès-Tours fut fondée vers l’an 1002 par Hervé de Buzançais († 1018), trésorier de Saint-Martin de Tours. Le fondateur y transféra la communauté du monastère de Notre-Dame-de-l’Écrignole, une cellule d’origine ancienne, peut-être du VIe siècle, l’un des établissements situés aux abords du lieu de sépulture de saint Martin. Ce transfert des moniales fut probablement motivé par l’incendie qui, en 994, affecta Saint-Martin et ses alentours et obligea à reconstruire cette collégiale.
Détail de Carte particulière de Tours avecq le paisage mis en relief
René Siette (1619)
Bibliothèque nationale de France
Le nouveau monastère bénédictin fut établi dans un lieu plus éloigné. L’église de Notre-Dame-de-l’Écrignole fut néanmoins conservée et passa sous la dépendance de Beaumont en tant qu’église paroissiale. Le monastère demeura lié à Saint-Martin et les moniales restèrent soumises à son autorité, ce qui provoqua des litiges entre les deux institutions. L’abbaye possédait plusieurs prieurés dépendants, parmi lesquels celui de Notre-Dame de Moncé (Indre-et-Loire), devenu par la suite une abbaye. La communauté demeura active jusqu’à la Révolution, bien qu’un grave incendie ait profondément affecté l’ensemble monastique en 1784. Aujourd’hui, seuls quelques vestiges subsistent.
- BESSE, Jean-Martial (1920). Abbayes et prieurés de l'ancienne France, vol. 8, Tours. París : Picard
- CARRÉ DE BUSSEROLLE, Jacques-Xavier (1878). Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine. Vol. I. Tours: Rouillé-Ladevèze
- GRANDMAISON, Charles de (1877). Chronique de l’abbaye de Beaumont-lez-Tours. Mémoires de la Société archéologique de Touraine, vol. 26
- MABILLON, Johanne (1707). Annales ordinis S. Benedicti occidentalium monachorum patriarchae. Vol 4. París: Robustel
- SAINT-MAUR, Congregació de (1856). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 14. París: Typographia Regia
La collégiale régulière augustinienne Sainte-Marie de Gastines fut fondée en 1138 par l’archevêque de Tours, Hugues d'Étampes (1134-1146), à partir d’une communauté érémitique qui occupait jusque-là les lieux. La nouvelle communauté intégra ces ermites, qui adoptèrent dès lors la règle de saint Augustin en tant que chanoines réguliers. Vers 1200, l’établissement fut détruit par un incendie et reconstruit peu après grâce au soutien de Thibaut de Champagne. La nouvelle église fut consacrée en 1207 par l’archevêque Geoffroy de la Lande (1207-1208).
Au début du XVe siècle, durant la guerre de Cent Ans, l’abbaye fut victime de pillages, situation qui se reproduisit en 1562 lors des guerres de Religion. En 1668, elle fut rattachée à la Congrégation de France et d’importants travaux de rénovation furent entrepris au cours du XVIIIe siècle. Peu après, en 1791, la Révolution mit fin à la vie monastique à Gastines et entraîna le début du démantèlement de l’ensemble. Aujourd’hui, quelques vestiges anciens ainsi que plusieurs constructions du XVIIIe siècle subsistent encore.
- BESSE, Jean-Martial (1920). Abbayes et prieurés de l'ancienne France, vol. 8, Tours. París : Picard
- CARRÉ DE BUSSEROLLE, Jacques-Xavier (1880). Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine. Vol. III. Tours: Rouillé-Ladevèze
- LEVEEL, Pierre (1993). Chronologie de l'abbaye Sainte-Marie de Gastines à Villedômer près Château-Renault. Bulletin de la Société archéologique de Touraine, núm. 43
- SAINT-MAUR, Congregació de (1856). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 14. París: Typographia Regia











