Chartreuse du Liget

Ligetum / Domus Ligeti

(Chemillé-sur-Indrois, Indre-et-Loire)

Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget

La chartreuse du Liget fut fondée par le roi d’Angleterre Henri II (1133-1189), qui portait également les titres de comte d’Anjou, du Maine et de Touraine. Selon la tradition, cette fondation serait liée à son implication dans la mort de Thomas Becket (1118-1170), son ancien chancelier devenu archevêque de Cantorbéry.

Chartreuse du Liget
Discussion entre Henri II et l'archevêque Thomas Becket (XIVe siècle)
British Library (BL Royal 20 A II, f. 7v)

En expiation de cette faute, il accepta la fondation de trois établissements religieux : l’abbaye de Waltham (East of England), la chartreuse de Witham (South West England) et celle du Liget. Les terres destinées à la nouvelle maison appartenaient à l’abbaye de Villeloin (Indre-et-Loire), et Henri II les acheta aux bénédictins au cours d’une opération menée entre 1176 et 1183. Toutefois, le site était déjà occupé par les premiers chartreux, qui s’y étaient peut-être établis vers 1153. L’église Saint-Jean du Liget, située à quelques centaines de mètres au sud-ouest, pourrait remonter à cette première époque.

La fondation est généralement datée de 1178, date à laquelle aurait commencé la construction de la chartreuse. La première église, d’origine médiévale, aurait été consacrée avant la mort d’Henri II. Le Liget se développa grâce au soutien de la monarchie, notamment de Charles V de France (1337-1380), qui, dans la seconde moitié du XIVe siècle, favorisa la construction de treize nouvelles cellules après l’autorisation d’augmenter à vingt-cinq le nombre de chartreux de la maison. La guerre de Cent Ans ne semble pas avoir affecté directement la communauté, mais durant les guerres de Religion la chartreuse fut occupée et pillée par les huguenots. En 1562, les chartreux durent fuir et, en 1589, ils subirent une nouvelle occupation au cours de laquelle les archives monastiques furent perdues. En 1596, l’ensemble fut fortifié et, au XVIIIe siècle, une reconstruction générale fut entreprise.

Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget
Entrée du domaine de la Charterhouse
Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget

Les chartreux occupèrent le Liget jusqu’à la Révolution française. En 1791, la communauté dut abandonner la chartreuse et, peu après, sa démolition commença. Au cours du XIXe siècle, les vestiges conservés commencèrent à être appréciés par leurs propriétaires avant d’être protégés par la suite. Outre plusieurs constructions du XVIIIe siècle, la chartreuse conserve les ruines de son église médiévale, édifiée au XIIe siècle.

Non loin de là se trouve encore la Corroirie, élément caractéristique des chartreuses, séparé de l’enclos monastique et destiné à l’administration ainsi qu’à l’exploitation agricole du domaine. Cet ensemble a échappé à la destruction et conserve encore une grande partie de ses remarquables structures médiévales. Dans un autre lieu isolé se trouve également l’église Saint-Jean du Liget, liée aux premiers temps de la fondation.

Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget
Église médiévale
Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget
Église médiévale
Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget
Illustration tirée de Maisons de l'ordre des Chartreux (1913)
Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget
Carte postale ancienne, collection privée

La Corroirie du Liget
Corroirie
Chartreuse du Liget
Corroirie
Corroirie
Chartreuse du Liget
Corroirie
Corroirie
Chartreuse du Liget
Corroirie
Corroirie
Chartreuse du Liget
Chapelle du Corroirie
Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget
Corroirie
Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget
Corroirie
Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget
Corroirie
Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget
Corroirie
Chartreuse du Liget
Chartreuse du Liget
Corroirie

Église Saint-Jean du Liget
Chartreuse du Liget
Église Saint-Jean du Liget
Photo de ManuD, sur Wikimedia

Bibliographie:
  • BESSE, Jean-Martial (1920). Abbayes et prieurés de l'ancienne France, vol. 8, Tours. París : Picard
  • CARRÉ DE BUSSEROLLE, Jacques-Xavier (1879). Dictionnaire géographique, historique et biographique d'Indre-et-Loire et de l'ancienne province de Touraine. Vol. II. Tours: Rouillé-Ladevèze
  • CARTOIXA DE NOTRE-DAME DES PRÉS (1913). Maisons de l'ordre des Chartreux. Vol. I. Chartreuse de Notre-Dame des Prés (Tournai)
  • CORROIRIE DU LIGET (sd). Château-monastère de la Corroirie
  • DUFAŸ, Bruno (2014). La Corroirie de la Chartreuse du Liget à Chemillé-sur-Indrois (Indre-et-Loire). Étude historique et architecturale. Revue archéologique du Centre de la France, vol. 53
  • MOLIN, Nicolai (1903). Historia Cartusiana. Vol. 1. Tornaci
  • OSSEBOEUF, Abbé (1895). Excursion à Beaulieu, Le Liget et Montrésor. Bulletin de la Société archéologique de Touraine. Vol. X. Tours: Péricat
  • OURY, Dom G. (1971). L'érémitisme dans l'ancien diocèse de Tours au XIIe siècle. Revue Mabillon. Vol. 58. Ligugé
  • PHILIPPON, Albert (1934). La chartreuse du Liget. Bulletin de la Société archéologique de Touraine, vol. XXV
  • PHILIPPON, Albert (1941). La liquidation de la chartreuse du Liget par la Révolution. Bulletin de la Société archéologique de Touraine, vol. XXVIII
  • VALLERY-RADOT, Jean (1949). La Chartreuse du Liget et la Corroirie. Congrès archéologique de France. 106 ss. Tours. Société française d'archéologie

Emplacement:
Vista aèria

La chartreuse du Liget est située sur le territoire de Chemillé-sur-Indrois, à l’est de Loches. La Corroirie et l’église Saint-Jean du Liget se trouvent à proximité immédiate du monastère