Détail de Carte générale de la France
Cassini de Thury (XVIIIe siècle)
Bibliothèque nationale de France
L’abbaye cistercienne de Notre-Dame de Bonnevaux fut fondée en 1119 grâce à l’initiative de Guy de Bourgogne (c. 1060-1124), archevêque de Vienne en Dauphiné (1088-1119) puis pape (Calixte II, 1119-1124). Dès 1117, ce prélat avait engagé des démarches avec Étienne Harding, abbé de Cîteaux (Côte-d’Or), en vue de l’installation des cisterciens dans son diocèse. Le premier abbé de cette maison fut Jean (1117-1141), plus tard évêque de Valence (1141-1146) et vénéré comme saint. Un autre moine du monastère fut également canonisé : Pierre II de Tarentaise (1102-1174), qui fut abbé de Tamié (Savoie) avant de devenir archevêque de Tarentaise.
Filiation de Bonnevaux
Selon Originum Cisterciensium (L. Janauschek, 1877)Abbaye de Bonnevaux / 1119
Abbaye de Mazan (Ardèche) / 1120
Abbaye de Montpeyroux (Puy-de-Dôme) / 1126
Abbaye de Tamié (Savoie) / 1134
Abbaye de Léoncel (Drôme) / 1137
Abbaye de Valmagne (Hérault) / 1155
Abbaye de Sylveréal (Gard) / 1173
Abbaye de Valbenoîte (Loire) / 1184
Abbaye de Valcroissant (Drôme) / 1188
L’abbaye devint rapidement un monastère prospère, ce qui lui permit de fonder plusieurs abbayes filles : la première fut Mazan (Ardèche) , suivie de Tamié (Savoie) et de Valmagne (Hérault), entre autres. À cette époque d’expansion, l’abbé de Bonnevaux exerça une influence notable au sein de l’ordre de Cîteaux. Cependant, dans la seconde moitié du XIIIe siècle, l’abbé Adam fut déposé en raison de sa négligence dans le gouvernement interne de la maison. En 1576, Bonnevaux fut occupée par des troupes calvinistes ; le monastère fut pillé et incendié et une grande partie de ses biens, dont les archives, disparut.
Malgré les tentatives de reconstruction, l’abbaye ne retrouva jamais son état antérieur. En 1710, de nombreux bâtiments étaient encore en ruine, y compris l’église elle-même. En 1740, la communauté ne comptait plus que cinq religieux. À la Révolution, le monastère disparut définitivement : les pierres des ruines furent réemployées dans d’autres constructions et il ne subsiste aujourd’hui aucun vestige apparent. Seules les recherches archéologiques ont permis d’apporter quelques données sur ses structures.
- BAUDRILLART, Alfred (1937). Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques. Vol. 9. París: Letouzey et Ané
- BESSE, J.-M.; i altres (1939). Abbayes et prieurés de l'ancienne France. Vol. 9: Province ecclésiastique de Vienne. Abbaye de Ligugé
- CHEVALIER, Ulysse (1889). Cartulaire de l'abbaye N.-D. de Bonnevaux, au diocèse de Vienne. Grenoble: Allier
- GOUHIER, Bastien (2021). Abbaye de Bonnevaux. Rapport d'intervention
- JANAUSCHEK, Leopoldus (1877). Originum Cisterciensium. Vol. 1. Viena
- SAINT-MAUR, Congregació de (1865). Gallia Christiana in provincias ecclesiasticas distributa. Vol. 16. París: Firmin Didot
Le monastère, aujourd’hui pratiquement disparu, était situé sur la commune de Villeneuve-de-Marc (Isère), sur la rive de la Gère
