L’abbaye de Saint-Pierre de Vienne se distingue par sa grande ancienneté. Malgré le passage du temps et les nombreuses interventions, constructions, réformes et restaurations, elle constitue un monument majeur de l’architecture paléochrétienne, dont les origines remontent au VIe siècle. Après la Révolution, l’édifice fut affecté à un musée lapidaire, fonction qu’il a conservée jusqu’à une époque récente, puisqu’il est actuellement concerné par des travaux de restructuration.
L’église Saint-Pierre est d’origine très ancienne, mais son histoire demeure encore obscure en raison du manque de documentation. Une première église fut édifiée sur une nécropole d’époque romaine ; cette construction a été mise en relation avec saint Léonien († v. 518) et avec un premier monastère fondé en ce lieu. Ce personnage, lié à saint Eugend et aux Pères du Jura, se serait installé à Vienne à la recherche d’un lieu de retraite. Il y aurait fondé le monastère féminin de Saint-André-le-Haut ainsi qu’un autre établissement masculin, traditionnellement identifié avec celui-ci, bien qu’il puisse s’agir de celui de Saint-Marcel.
On mentionne également que la tombe de Léonien se trouvait en ce lieu, alors placé sous le vocable de Saint-Pierre et Saint-Paul. Le site continua à servir de nécropole, espace privilégié où furent inhumés de nombreux évêques de Vienne, depuis saint Mamert († v. 474) jusqu’à Léger († 1070), plusieurs d’entre eux étant vénérés comme saints. Ce premier établissement monastique aurait disparu à la suite de l’invasion sarrasine (v. 725) et ce n’est qu’en 863 que sa reconstruction est attestée, avant de retomber peu après en ruine.
En 926, Hugues d'Arles († 947) intervint dans sa restauration et, au milieu du Xe siècle, apparaît le premier abbé connu, Adelelme. À la fin de ce siècle, il est déjà attesté que les moines de Saint-Pierre suivaient la règle de saint Benoît. Par la suite, l’abbaye connut une période de prospérité et, au XIIe siècle, d’importants travaux furent réalisés grâce à la bonne situation financière de la maison ; le clocher fut élevé à cette époque. Par la suite commença un déclin, bien que des travaux et réformes aient encore été entrepris jusqu’au XVIe siècle.
Entre 1562 et 1567, le monastère fut pillé lors des guerres de Religion et ne parvint pas à se relever. Le pape Paul V le sécularisa en 1612, le transformant en collégiale. En 1780, les communautés ex-bénédictines provenant des anciens monastères de Saint-Chef et de Saint-André-le-Bas y furent réunies, ces établissements ayant été sécularisés auparavant. Le manque d’espace obligea à procéder à diverses modifications structurelles de l’église.
En noir, la structure de la basilique primitive
Segons Abbaye de Saint-Pierre (1974)
Le site fut vendu après la Révolution et affecté à divers usages, avant que ne soit décidée sa conversion en musée lapidaire. Cette décision s’accompagna d’études et de fouilles archéologiques qui mirent au jour un nombre considérable de sépultures anciennes. Malgré les transformations subies, l’église conserve encore la structure basilicale de l’édifice primitif. Au début du XXIe siècle, les recherches archéologiques ont repris, avec la difficulté supplémentaire due aux nombreuses interventions antérieures.
Illustration tirée de Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France
Justin Taylor, 1854
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