Abbaye Saint-Julien de Tours
S Julianus Turonensis / S. Iuliani / Saint-Jullien
(Tours, Indre-et-Loire)
Clovis Ier (v. 466-511), après sa victoire sur les Wisigoths à la bataille de Vouillé (507), visita Tours et le tombeau de saint Martin. Il fit également édifier une chapelle où s’installèrent plus tard des moines venus d’Auvergne, attirés par la dévotion envers ce saint, l’un des premiers évêques de la cité.
Sous l’épiscopat de Grégoire de Tours (573-593), celui-ci remit aux moines des reliques du martyr Julien de Brioude (IIIe siècle), et le monastère lui fut alors dédié. Ce premier établissement disparut ou fut gravement affecté lors d’une invasion viking en 853. La restauration intervint à l’époque de l’archevêque Théotolon (931-945) qui, avec l’aide de sa sœur, fournit les fonds nécessaires à la reconstruction du site. Théotolon entretenait des liens étroits avec l’abbaye de Cluny (Saône-et-Loire) et avait participé aux côtés de l’abbé Odon (v. 878-942) aux débuts du monastère bourguignon. En 948, l’église abbatiale fut consacrée. À leur mort, Odon de Cluny et Théotolon furent tous deux inhumés à Saint-Julien.
Vers l’an 990, le moine Gausbert († 1007) fut nommé abbé. Il intervint directement dans les affaires de plusieurs monastères de la région et exerça même la charge abbatiale dans certains d’entre eux : Saint-Pierre de Maillezais (Vendée), Saint-Pierre de la Couture (Sarthe), Saint-Pierre de Bourgueil et Marmoutier (tous deux en Indre-et-Loire), ainsi que Saint-Julien. L’abbaye de Preuilly (Indre-et-Loire) dépendit de cette maison entre 1007 et 1025.
Durant la première moitié du XIe siècle, l’abbé Richer reconstruisit le monastère en raison de son mauvais état de conservation et, dans la seconde moitié du même siècle, il fut à nouveau rebâti. En 1084, la nouvelle église fut consacrée par l’archevêque de Tours, mais son existence fut relativement brève puisqu’elle fut gravement endommagée par une tempête en 1224. Dès 1240, sa reconstruction était en cours, dans le style gothique. Au fil des siècles suivants, de nouvelles structures vinrent compléter l’ensemble monastique. En 1540 arriva le premier abbé commendataire et, peu après, en 1562, la maison fut touchée par les guerres de Religion.
En 1637, alors qu’elle traversait une période de profond déclin, l’abbaye fut intégrée à la congrégation de Saint-Maur, qui la conserva jusqu’en 1735. À cette date, déjà dépourvue de communauté, elle passa au Collège de Tours, qui y maintint un prieur jusqu’à sa suppression définitive en 1790, lors de la Révolution. En 1798, l’abbaye fut vendue à des particuliers ; elle fut classée en 1840 puis acquise par l’État cinq ans plus tard. Sa restauration commença alors et, en 1858, le culte fut rétabli dans l’église, désormais affectée au service paroissial. En 1944, le site fut victime d’un bombardement pendant la Seconde Guerre mondiale. De nouvelles campagnes de restauration suivirent et se prolongèrent jusqu’à une époque récente.
L’église Saint-Julien de Tours présente une structure peu commune. D’une part, elle conserve sa tour romane (XIe siècle), tandis que le reste de l’édifice appartient à l’époque gothique (XIIIe siècle). Elle comprend trois nefs qui communiquent avec le transept et le chœur, de même largeur que celui-ci. Cette partie comporte cinq nefs : les trois centrales correspondant à celles de l’église et deux autres ajoutées latéralement, toutes divisées en trois travées. Il n’y a pas d’abside centrale et le chœur se termine par un chevet plat, une disposition peu courante dont l’origine n’a pas pu être expliquée avec certitude. Les nefs extrêmes possèdent deux absides ajoutées au XVIe siècle. Parmi les vestiges conventuels, il faut signaler la salle capitulaire ainsi que d’autres structures secondaires.
Schéma du plan de l'église
Monasticon Gallicanum
Bibliothèque nationale de France
Médiathèque du patrimoine et de la photographie
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L’ancienne abbaye Saint-Julien est située au centre de Tours, entre la cathédrale et Saint-Martin















